Effacer la mémoire des lieux est un acte politique et culturel
Mardi 29 septembre 2026, le maire de Champigny-sur-Marne a décidé de proposer de débaptiser l’école Henri Bassis pour le remplacer par un nom féminin (dont Marianne, symbolisant la République). Comble de la démagogie, il engage même une consultation dite de « démocratie participative », espérant ainsi cacher aux yeux du public ses véritables intentions : effacer l’histoire d’une école où s’est expérimenté le « Tous capables » cher au GFEN. L’émotion est intense parmi les campinois et les campinoises attachées à la mémoire de ce lieu. Notre mouvement ne pouvait pas ne pas réagir !! (source : https://www.champignysurmarne.fr/actualites/feminisation-du-nom-du-nouveau-groupe-scolaire-henri-bassis) »
La bataille culturelle qu’engage le maire de Champigny, en voulant effacer le nom de Henri Bassis au fronton d’un établissement scolaire, est menée contre l’école publique et les visées d’égalité sociale et d’accès à la culture pour toutes et tous que les militantes et les militants du GFEN pratiquent encore aujourd’hui.
Ne nous leurrons pas ! S’il fallait « féminiser » le nom d’une école, comme le prétend le maire, pourquoi ne pas choisir « Odette et Henri Bassis » ?
Rappelons quelques faits historiques que semble nier ce notable. Odette, la militante de la JEC (jeunesse étudiante chrétienne) et du GEMAE (Groupe d’Etudes pour les Méthodes Actives en Education) , et Henri, le résistant et poète communiste, ont conjugué leurs forces, leurs idées et leurs pratiques pour transformer l’enseignement et la pédagogie, autrement dit l’éducation des classes populaires, à partir d’une visée simple mais ô combien complexe à « mettre en classe » : les enfants des pauvres ne sont pas de pauvres enfants, elles et ils sont tous capables de « chercher donc d’apprendre et de comprendre », tous et toutes capables de « devenir citoyens et citoyennes dans le savoir » ! À l’opposé par conséquent de toute forme de discrimination sexiste puisque l’égalité sociale est logiquement une égalité de genre.
Mais l’édile campinois de droite nie également l’histoire de l’école du Plateau, puisque c’est ainsi que le nom de l’école Henri Bassis est resté dans beaucoup de mémoires d’enfants, de parents et d’enseignant.es ! C’était à l’époque où une équipe de militantes et de militants engagé.es dans la recherche avec le GFEN travaillait à faire vivre des classes coopératives dans lesquelles s’expérimentaient de nouvelles pratiques pédagogiques. C’était à l’époque où les enseignant.es associaient les parents à cette rénovation pédagogique et menaient ensemble, le samedi, des ateliers offerts à tous les élèves et à leurs familles. C’était à l’époque où l’école était inclusive permettant, en avance sur les déclarations gouvernementales actuelles, de scolariser des enfants en fauteuil, avec des pratiques qui ont fait découvrir à de nombreuses familles les capacités insoupçonnées de leurs enfants. Ils et elles sont nombreux et nombreuses à en témoigner aujourd’hui.
C’était dans les années 80 et 90 ! Après les expériences d’éducation nouvelle que Henri Bassis, avec d’autres et sous l’impulsion de Robert Gloton, a menées dans le XXème arrondissement de Paris de 1962 à 1971, puis avec Odette, au Tchad, de 1971 à 1975, expériences qui ont révolutionné le rapport à l’école des enfants et le rapport à la formation des adultes, le rapport à ce qu’est savoir et à ce qu’est le savoir.
C’est tout simplement cette révolution dans les mentalités éducatrices, que continuent à penser et à faire vivre beaucoup de jeunes et de moins jeunes, que cet élu veut faire disparaître des lieux, donc des mémoires.
Au GFEN nous continuerons à porter les voix, à flâner dans les pas, à réinventer les combats d’Odette Bassis et d’Henri Bassis pour que tous les enfants des classes populaires puissent s’apprendre à comprendre le monde … pour éventuellement le changer quand les conditions de vie nous deviennent insupportables.
Pascal Diard
vice-président du GFEN
mercredi 30 septembre 2026.
Lire et SIGNER la lettre ouverte au maire de Champigny « À Champigny, féminiser sans effacer notre histoire : Pour un futur groupe scolaire nommé « Odette et Henri Bassis »

Le GFEN certifié QUALIOPI pour les actions de formation
La loi « Avenir professionnel » (5 septembre 2018, modifiée en 2020 et 2021) fait évoluer le monde de la formation professionnelle avec officiellement l’ambition d’améliorer la qualité des actions de formation. Tout organisme de formation a l’obligation d’obtenir la certification Qualiopi lorsqu’il souhaite encadrer des formations payées sur fonds publics.
Mouvement d’Education Nouvelle, le GFEN encadre des actions de formation à destination des professionnels de l’éducation (Ministère de l’Education nationale, Protection Judiciaire de la Jeunesse, ville, département ou région). Afin de poursuivre ces actions, le GFEN s’est engagé dans ce processus de certification. La certification a été obtenue le 3 janvier 2022 pour les actions de formation et renouvelée le 3 janvier 2025.
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