Trois stages en Bolivie amazonienne (Charles Pepinster) (2009)

Ateliers de recherche individuelle et en groupes pour organiser l’enseignement mutuel où les grands élèves stimulent les apprentissages des plus jeunes, où le maître favorise l’activité de recherche solidaire et créative

Ateliers de recherche individuelle et en groupes pour organiser l’enseignement mutuel où les grands élèves stimulent les apprentissages des plus jeunes, où le maître favorise l’activité de recherche solidaire et créative

ORGANISATION DE TROIS STAGES PEDAGOGIQUES D’UNE SEMAINE

POUR UNE CENTAINE D’ENSEIGNANTS DE CLASSES COMPOSITES DE VILLAGE DU DEPARTEMENT DU BENI EN BOLIVIE AMAZONIENNE.

 

Intitulés : « Une éducation pour le futur » (Enseignement interculturel bilingue à l’école primaire. Extension Terres Basses).

Dates :  octobre 2009
Lieux : Bibliothèque de San Ignacio de Moxos. Federación de los maestros rurales à Trinidad.

Nombre de participants: 32 à 36 maîtres de classes uniques rurales. Conditions d’accès pour les participants : de 30 minutes à trois jours de voyage : vélo, moto, barque, cheval, à pied.

Contenu des trois stages :

Ateliers de recherche individuelle et en groupes pour organiser l’enseignement mutuel où les grands élèves stimulent les apprentissages des plus jeunes, où le maître favorise l’activité de recherche solidaire et créative.

Types d’ateliers :

Le dessin inventif à partir de découpages.

Les enquêtes :

  • –      au musée des Moxos
  • –      chez les habitants,
  • –      chez les commerçants,
  • –      au sein du groupe.

 

Mathématiques créatives et solidaires :

  • table de multiplication construites et non reçues toutes élaborées.
  • découverte des parenthèses : 3 x 4 + 2 = 14 / 3 x 4 + 2 = 18
  • avec des allumettes, avec des nombres écrits.
  • le cube – pâte à modeler, dessin en perspective, calcul des volumes. Les fractions et les nombres décimaux par découpage, collage, coloriage.

Ecriture :

  • en groupe, construire un texte à partir de deux mots inducteurs,
  • transformer des contes en changeant les personnages, ou leur caractère, les évènements, les lieux, les moments.

Apprentissage de la langue espagnole :

  • un conte moxos « Maia » est lu plusieurs fois (voix masculine, féminine, lentement, rapidement, à deux…) pour mémoriser le texte.
  • théâtralisation : tous les participants jouent le conte, par groupe de 4, en le transformant après une phase d’écriture collective.

Poésie : apprentissage d’un poème écologique, en groupe, par la reconstitution de texte.

 

Vingt-et-une idées d’Education Nouvelle :

  • –      choix individuel,
  • –      échanges en duos,
  • –      par groupes de 8,

 

Les courants pédagogiques :

  • –      découverte à partir d’un poème « El Niño »,
  • –      mémorisation solidaire,
  • –      reconstitution en groupe,

 

Information aux parents :

  • –      comment et pourquoi les réunir,
  • –      organiser des réunions dynamiques où les parents construisent du
  • savoir.

 

Réflexion – débats :

  • –      devoirs à domicile,
  • –      examens notés,
  • –      bulletins justifiant l’exclusion,
  • –      tous capables.

 

ANALYSE

Enthousiasme des participants pour les activités de recherche directement transférables dans leur pratique quotidienne de maîtres ruraux en classe multi- âges.

Conditions favorisant une atmosphère de sérieux et de contentement :

  • les maîtres ont rarement l’occasion de se rencontrer, les voici réunis grâce à WBI (Wallonie-Bruxelles-Internationnal)
  • ils ont délaissé leur classe pendant une semaine, ce qui donne un air de « vacances »,
  • ils reçoivent un per-diem (viático) et deux collations par jour,
  • ce sont eux, via un directeur, qui ont demandé cette formation, se sentant démunis seuls dans des villages perdus dans l’immensité amazonienne, sans guère de moyens (manque de papier, de crayons, de marqueurs…)
  • le directeur départemental a demandé une semaine supplémentaire… impossible !
  • le zèle de Pascal Montoisy a permis une organisation parfaite de cette mission qui a touché 100 instituteurs ruraux volontaires (voyages, hébergements, contacts avec les autorités et l’université)
  • deux étudiantes de l’ULB ont suivi une semaine de stage avec une trentaine de maîtres qu’elles ont parfois revus dans les campagnes boliviennes. Leurs constatations sont rassurantes : tous les maîtres rencontrés ont transféré dans leur classe les démarches vécues en stage et cela à la satisfaction de tous, parents compris,
  • les conditions matérielles évidemment étaient un peu spartiates : local peu équipé, manque de tables, de tableau, de vitres aux fenêtres (vent, bruit, moustiques) mais la chaleur des professeurs et leur soif d’apprendre en solidarité font oublier ces quelques inconvénients.

 

CONCLUSIONS

Ces stages d’Education Nouvelle concrets et chargés de valeurs humanistes pour une Education du Futur sont directement assimilés donc utiles dans des dizaines de villages.

Ils me semblent préférables :

  • à des discours professoraux vite oubliés donc peu opératoires (voire inutiles),
  • à des rassemblements internationaux entre experts théoriques dans des congrès coûteux.

 

Charles Pepinster, GBEN